Santa Cruz, c’est quelque chose de particulier. Il y a les descendants des oustatchis, le célèbre mouvement nationaliste croate proche des nazis, et les autres, de ceux qui sont descendus des montagnes en laissant de côté leurs origines dont ils sont de nouveau fiers depuis qu’un certain Uro-aymara (plus Uro qu’Aymara en réalité, même si personne ne le sait) est président de la république. Il y les descendants allemands qui sont arrivés en 1914-18 et puis il y a ceux qui sont arrivés après la seconde guerre mondiale, comme Klaus Barbie qui a même eu droit à une fonction dans l’armée bolivienne, tout en travaillant pour la CIA probablement pour favoriser la prise de pouvoir de l’ancien dictateur "Banzer", lui aussi de Santa Cruz. Je dis ancien dictateur, mais j’aurais pu aussi dire ancien président du conseil constitutionnel, parce que cet homme fut élu après avoir été dictateur. En fait les Allemands ont apporté de la bonne bière, des bonnes saucisses, et des types pas trop sympathiques (enfin pas que, mais c’est pour faire cliché). Ici, il y a aussi l’Union juvénile crucègne qui mélangent sur les murs croix gammées et croix de Santa Cruz peut-être en souvenir de la croix du U oustachis ? . Sympathique ! Et pour compléter le tableau, il y a les indigènes amazoniens, les Chiquitanos et les Guaranis pour les plus nombreux. Ah, oui et j’oubliais les mennonites, tous plus ou moins habillés pareil : blonds yeux clairs en salopette et chemise unie pour les hommes et en bonne sœur pour les femmes. Eux, ce sont une secte protestante qui se considère comme la seule à savoir lire la Bible. A cela s’ajoute le plan d’urbanisation de la ville : sept anneaux qui s’imbriquent les uns aux autres, donnant à la carte de la ville l’allure d’un escargot. Santa Cruz, c’est entre autre tout ça.
Et nous ? Nous on cherche à rencontrer les Chiquitanos qui sont en train de se faire construire une grosse route au travers de leur territoire dans le cadre de l’un des nombreux projets de l’IIRSA, Initiative d’Infrastructure Régionale de l’Amérique du Sud. Cette grosse route est censée – sur le papier - désenclaver les régions les plus isolés du continent. En réalité, elle sert surtout à acheminer les marchandises et les ressources naturelles extraites depuis les enclaves « productives » jusqu’aux endroits d’où on peut les envoyer plus loin (Europe, Etats-Unis, Chine, etc.). Et pour les zones où cette route « ne fait que passer », il semblerait qu’elle n’a que des impacts négatifs. Un ami d’une association de la deuxième couronne, la plus chic semble-t-il, nous met en relation avec les responsables d’une « central indigena » chiquitana.
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