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vendredi 19 mars 2010

Bolivie : petit retour en vidéo (1)

Coucou,
En attendant mieux, voici quelques souvenirs de Bolivie et en vidéo.

La Paz - Cochabamba : de l'altiplano aux vallées.
Nous voici de nouveau sur la route. Cette fois, au lieu de monter, on descend ! Chouette, on va être super en forme plus bas avec notre habitude de respirer à ces altitudes. On va descendre de la Paz, et de ses 3800 mètres (pour notre hôtel), à Cochabamba, située dans la région "des vallées" à 2500 mètres d'altitude, autant dire, presque rien. Officiellement 6 heures de bus d'ouest en est. En réalité, presque 8. Faut dire qu'on a pris le bus le moins cher : 24 bolivianos par tête, ce qui fait 2,4€. La suite

La Paz - Cochabamba : Cumbia tropicale ?


Cochabamba, Chapitre 1 : la guerre de l’eau a-t-elle eu lieu ?
L’entretien terminé, il nous reste encore le temps de filer de nouveau vers la place centrale pour participer à une des rondes de discussion quotidiennes du soir. Un jeune couple argentino-brésilien nous parle des mouvements sociaux en Argentine. Tous les jours, toute la journée, toute l’année, il y a des groupes qui débattent dans une atmosphère d’agora grecque. Et ça, avant la guerre de l’eau, cela n’existait pas. Cela n’existe pas ailleurs non plus apparemment On y fait connaissance avec notre deuxième fou de la journée. La suite

Cochabamba - Université populaire sur la place centrale

Cochabamba, chapitre 3 : L’empire contre attaque
Nous arrivons devant une foule pioches à l’épaule affairée à déboucher les tuyaux : femmes, enfants et hommes, tous ensemble, ouais ! « Vous croyez qu’ils sont contents de travailler ensemble ? » Le responsable bénévole de ce collectif de l’eau nous peint le tableau. « Pas du tout, ils payent une amende si ils ne sont pas présents ». Et effectivement, les voilà qui vont se faire tamponner un petit carton bleu, avant de prendre à manger un sandwich au thon accompagné de jus d’orange, que l’on nous propose aussi. Anna et Jérémy acceptent, enchantés, mais pour moi, c’est non, merci, le poisson, beurk, c’est bon pour les chats ! De toutes façons personne ne m’a vue. La suite

Bolivie, Cochabamba - Corvée de l'eau dans la Zona Sur


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Kri kri
Irkita

samedi 26 décembre 2009

Cochabamba, chapitre 3 : L’empire contre attaque

Nous y voilà : la fameuse partie sud de la ville. La Zona Sur. Cela a été plus facile d’y venir qu’on nous l’avait dit. On y rencontre le président de l’association des systèmes communautaires de l’eau (l’ASICASUR). Il nous explique le mode de fonctionnement : 140 comités de l’eau indépendants dans 4 districts pour entre 100 000 et 120 000 habitants (la population totale des 4 districts de la zona sur qui ne sont pas connectés au réseau public est de 250 000). A la tête de chacun d’entre eux, une assemblée qui élit u directoire. Certains comités ont même des employés, généralement une secrétaire et un technicien. Pour ce qui est de l’apport initial, au-delà des ressources propres (souvent très maigres), les financeurs ont été soit les églises – catholique et protestantes -, soit des ONG. Certains comités existent depuis 30 ans. L’eau des comités n’est cependant pas suffisante pour tout le monde Alors, il est question de relier leurs réseaux au réseau de la SEMAPA, vieux combat – et pas encore gagné ! A la fin de la conversation, nous demandons s’il est possible d’aller voir un comité, mais le président de l’association nous explique que compte tenu de la susceptibilité de gens (toujours ! elle serait apparemment selon ses dires surtout « politique »), ce ne se fait pas d’y aller seul. Kri-kri, qu’est ce que c’est que cette susceptibilité à la fin ? Lui, par exemple, c’est vrai qu’il semblait un peu méfiant à priori, mais il n’est pas susceptible pour un gruyère, alors qu’on nous avait dit le contraire ! Tant pis, on se prépare à repartir sans être allés voir de nos propres yeux un des ces fameux comité de l’eau…
Mais miracle, la chance nous sourit (je n’ai jamais vraiment bien compris cette expression). Un des membres de l’ASICASUR présent dans les locaux se prépare justement à aller visiter un comité en compagnie d’une italienne membre d’une ONG. Nous parcourons rapidement quelques kilomètres de quartiers populaires, composé de mélange de cabanes, de trou à souris et de maisons. Le contraste avec le centre est gigantesque. Là bas, on y trouve des pelouses et des fleurs dans des jardinières, et ici, rien, pas un chat, façon de parler, ou presque. Et même si en général, l’absence de chats m’arrange, ici, j’aurais bien aimé en voir un ou deux accompagnés de végétation. On ne peut même pas s’amuser à faire des châteaux de sable, parce que pour faire des châteaux de sable, il faut de l’eau. On nous explique que pour ce comité de 700 familles, la nappe d’eau, pompée depuis seulement 10 ans, s’assèche. En plus, une étude récente a révélé que celle-ci était polluée par des métaux lourds. Génial ! Ils nous demandent si on est là pour les financer. Apparemment, ils ont l’habitude de voir des ONG occidentales dans le coin. Pas plus tard que la semaine dernière, c’était ceux de la fondation de Danielle Mitterrand qui étaient ici.
Nous arrivons devant une foule pioches à l’épaule affairée à déboucher les tuyaux : femmes, enfants et hommes, tous ensemble, ouais ! « Vous croyez qu’ils sont contents de travailler ensemble ? » Le responsable bénévole de ce collectif de l’eau nous peint le tableau. « Pas du tout, ils payent une amende si ils ne sont pas présents ». Et effectivement, les voilà qui vont se faire tamponner un petit carton bleu, avant de prendre à manger un sandwich au thon accompagné de jus d’orange, que l’on nous propose aussi. Anna et Jérémy acceptent, enchantés, mais pour moi, c’est non, merci, le poisson, beurk, c’est bon pour les chats ! De toutes façons personne ne m’a vue. On continue à nous expliquer qu’il leur manque seulement environ 20 000 dollars pour être de nouveau autonomes, c'est-à-dire acheter leur propre camion citerne pour aller chercher de l’eau a la SEMAPA. Certes, quelques ONG les aident un peu, peut-être, mais ce n’est pas sur et c’est très long pour qui a besoin d’eau. Et si l’ASICASUR les aide à construire et maintenir le réseau, elle ne leur amène pas l’eau pour autant. Alors, ils imaginent créer leur propre ONG. D’après notre courte expérience en Bolivie, il semblerait que cela paye bien !
Un peu d’amertume vis-à-vis du gouvernement. Depuis peu, les comités de l’eau peuvent être reconnus par le gouvernement en tant que petites entreprises. « Les entreprises, c’est corrompu » commente notre ami. Là-dessus, l’italienne nous explique que le ministère de l’environnement et de l’eau, créé en même temps que la loi de l’eau, une des conquêtes supposées de la guerre de l’eau, est financé à 80%¨par la coopération allemande, le BID et la Banque mondiale. Elle nous apprend aussi que la fameuse « loi de l’eau » dont on parle tant, qui est un modèle qui affirme pour la première fois que l’eau est un bien collectif, a en fait ouvert la porte à un système de sociétés d’économie mixte, et ce, sur la demande des allemands. Selon eux, c’est la seule solution pour éviter la corruption. « Economie mixte pour l’eau, qu’est ce que cela veut dire ? » « Par exemple, la mise sous concession de la gestion d’un réseau d’eau potable à une entreprise privée. » Tiens, tiens, mais cela ne serait pas comme le système français, ça ? Niveau prix, les comités s’en sortent bien. Pour le moment, ceux qui ont leurs puits (pas encore épuisés) sont à égalité avec la SEMAPA, et bien en dessous des camions citerne qui dont l’eau coute presque dix fois plus cher.
Voilà, pour nous c’est la conclusion notre quête de la guerre de l’eau…(perdue?). Beaucoup de questions posées pour de nombreuses interrogations soulevées : où va donc tout l’argent de l’entreprise publique ? Que deviennent les contributions des comités à l’ASICASUR ? Tout cela représente beaucoup d’argent et quand on sait qu’il manque seulement 20 000 dollars à certains d’entre eux pour de nouveau avoir de l’eau, on peut s’interroger. Vont-ils trouver un système de gestion autonome sans être sous perfusion des ONGs et de l’aide au développement ? Et que fait l’Etat bolivien qui n’est pas très présent dans la zone sud de la ville. Finalement la « guerre de l’eau » ne fut qu’une bataille gagnée, la véritable guerre n’a pas (encore) eu lieu.



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Kri kri
Irkita

Cochabamba, chapitre 2 : Eau rage, eau désespoir

C’est reparti. Visite de notre lieu de villégiature (allez, donnons son nom, c’est la Tinkuna) en plein jour. C’est un peu plus chaleureux, mais on décide quand même de se rapprocher du centre. La Tinkuna, c’est un peu rude. Micro Bus. Jus au marché. Mmm, délicieux. Tentative d’entretient avec la sénatrice de la veille : « Vous pouvez revenir à 12h30, j’ai une conférence de presse maintenant ». Pas grave, j’en profite pour faire un coucou à mon copain Mickey qui tient compagnie à Evo Morales dans la permanence de la sénatrice du « Mouvement vers le socialisme » (MAS) de Cochabamba. Voilà midi. Revoilà la sénatrice suppleante, héroïne de la guerre de l’eau. Bilan : 7 minutes d’entretien langue de bois, avec des questions bien plus longues que ses réponses. « Bonjour, au revoir ». Décidément, je n’aime pas ceux qui ont changé la politique de la rue pour de la politique de derrière un bureau! Retour à la Tinkuna récupérer les sacs à dos. Tiens, mais je n’avais pas vu que Libertad, ma copine chatte de Gennevilliers en banlieue parisienne, signe sur les murs d’ici. Nous revoilà dans le centre ville où on s’installe dans un hôtel confortable, sans petit déjeuner compris, mais avec soins à la coca mâchée par la gérante pour le pied d’Anna, qui lui fait toujours mal. Ca change de la paille de la Tinkuna. Bilan de la journée ? Entretiens avec Victor-Hugo, un bolivien écologiste ayant vécu 35 ans aux Etats-Unis, qui s’appelle vraiment Victo-Hugo ; puis avec la fondation Abril, crée par la star internationale de la guerre de l’eau. On nous confirme ce que nous disait Tinku : niveau eau, c’est toujours pareil, il y a des parcs au nord, chez les riches et du sable au sud chez les pauvres, tandis qu’à la SEMAPA, l’entreprise publique, népotisme et corruption font toujours bon ménage. L’entretien du réseau en pâtit et 50% de l’eau part en fuite. Quel gâchis ! On comprend mieux la rancœur des gens d’ici sur le sujet.


Maintenant faut qu’on aille voir cette partie sud. Rendez-vous le lendemain matin tôt avec le responsable de l’association qui regroupe 90 des 140 comités de l’eau, l’ASICASUR On se rapproche du but et on croise les doigts et les pattes pour ne pas froisser la susceptibilité des gens du sud vis-à-vis de laquelle on nous met (encore une fois) en garde



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Kri kri
Irkita

mercredi 23 décembre 2009

Cochabamba, Chapitre 1 : la guerre de l’eau a-t-elle eu lieu ?

C’est parti. Anna passe les coups de fil. Pas de réponse. On va dans les bureaux des organisations impliquées soit dans le conflit à l’époque, soit dans l’écologie aujourd’hui : personne n’est là. Ici, ou peut-être pour nous uniquement, il y a une sorte de malédiction, dirait-on. Quand on était à La Paz, les personnes qu’on voulait rencontrer, étaient à Cochabamba. Maintenant qu’on y est, elles sont à La Paz. « Revenez mercredi » nous dit-on. On est lundi. « Allo, Mme la Sénatrice, alors pour notre rendez vous prévu ce matin ? Faut qu’on rappelle demain matin ? Très bien, à demain alors ». Demain, demain, toujours demain…

Pas grave, on insiste, tout en se baladant en ville. Faut dire que les bureaux des ONG environnementalismes sont bien placés : centre ville et immeubles modernes. Sur la place centrale de la ville, on tombe sur des groupes de gens en train de discuter en rond. Il y en a avec des cartes du monde et des copies d’articles de presse. D’autres avec des tables remplis de documentation izquierdista (de gauche) et des panneaux en bois avec la presse quotidienne commentée. Tiens, c’est une des organisations dont on a le contact. Leur bureau n’est pas loin, on passe le voir. Ils sont présents et nous reçoivent directement ! Ca fait plaisir. Leur bureau ressemble à celui d’une association et pas d’une entreprise. Tenons-nous le bon filon ? On le saura plus tard, parce qu’ils n’ont qu’une demi heure à nous consacrer maintenant et pas assez de temps pour nous répondre de façon approfondie. On se met d’accord tout de même pour dormir à la maison-lieu associatif-dortoir-bibliothèque-école de l’association et pour repasser plus tard.

On consacre notre après midi à chercher des contacts qui veulent bien nous parler de la guerre de l’eau, tout en se baladant en ville : « tient, il y a encore des machines à écrire ici ! » Et ca avance : rendez vous pris pour le lendemain avec quasiment tout le monde. Super ! Et en plus, on profité de supers vues que l’on a du haut des bureaux des ONG. Par contre on nous fait comprendre qu’on ne peut pas aller dans partie sud comme ça. « Pourquoi ? Est-ce dangereux ? » « Non, c’est parce que ses habitants y sont susceptibles. » De quoi ? Pas de réponses, mais on espère quand même bien l’apprendre plus tard.

Bientôt l’heure de repasser voir nos copains. Nous voici à l’hôtel pour récupérer les sacs pour le changement de lit. Je ne sais pas combien de lit et de trou à souris on a déjà fait, mais cela ne fait que commencer. Dans la salle où sont posés les sacs, un vieil homme est assis dans le noir en train de pianoter sur son ordinateur. Il vient du Luxembourg et nous explique qu’il est en Bolivie pour construire une ville miracle écologique, autonome, et autosuffisante de 30 000 habitants pour les classes moyennes basses de Bolivie. Coût du projet : seize milliards d’euros, dont un qu’il met de sa poche, 380 000 par un lui seront donné par ses anciens étudiants, et il espère aussi de l’aide de ses amis musiciens dont Paul Mccartney qu’il connait depuis 40 ans! Rien que ça. Quelle histoire de fou ! Avons-nous à faire à quelqu’un avec beaucoup d’imagination ? On prend ses coordonnées pour le vérifier plus tard.

Direction les locaux de l’association où l’un des responsables nous reçoit pour qu’on discute de la guerre de l’eau. Enfin ! Selon lui, ce n’est pas glorieux. Il nous explique qu’aujourd’hui tous les leaders du mouvement font de la politique (sont élus ou ont accepté des postes importants), dont beaucoup sont passés dans les partis de droite, que l’entreprise publique victorieusement arrachée par le peuple (jadis) uni ne fournit toujours pas d’eau à la zone sud et qu’elle est toujours aussi mal gérée et corrompue… Bon, il ne s’agit que d’un son de cloche, mais on est un peu déçus quand même. « A quoi a servi la guerre de l’eau alors ? » « A politiser et conscientiser le peuple, cela a été la première brique qui a permis à Evo Morales de devenir par la suite président du pays. »

L’entretien terminé, il nous reste encore le temps de filer de nouveau vers la place centrale pour participer à une des rondes de discussion quotidiennes du soir. Un jeune couple argentino-brésilien nous parle des mouvements sociaux en Argentine. Tous les jours, toute la journée, toute l’année, il y a des groupes qui débattent dans une atmosphère d’agora grecque. Et ça, avant la guerre de l’eau, cela n’existait pas. Cela n’existe pas ailleurs non plus apparemment On y fait connaissance avec notre deuxième fou de la journée. Enfin, fou, façon de parler. Ici, on l’appelle « le Suisse » et on dit de lui qu’il est six mois de l’année en Suisse et six moi sur la place. C’est surement vrai et c’est très drôle de le voir expliquer en criant à son auditoire bolivien ses analyses sur la situation politique de la Bolivie. Troisième fou de la journée : un palestinien bolivien de la première génération qui nous fait une présentation antisioniste, voire carrément antisémite, difficile à prendre au sérieux, mais avec conviction sur ces « ignobles juifs » qui ont pris le pouvoir partout sur terre ! La Bolivie est un pays incroyable !

Bien fatigué de la journée, nous voici enfin parti vers la maison-lieu associatif-dortoir-bibliothèque-école où nous allons dormir. Encore une quinzaine de minutes en taxi parce que c’est un peu excentré. Nous voici arrivé. Pour ce qui est du confort, c’est à peine au dessus du trou de souris : lit en paille et pas d’eau courante. Dans la ville de la guerre de l’eau, c’est un peu comble, mais cela nous permet de mieux nous rendre compte de ce qu’on nous expliquait peu avant : « l’eau, il y en aura peut-être demain matin ». Allez, au lit (de paille) et bonne nuit (avec les moustiques).




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Kri kri
Irkita

Cochabamba : A la recherche de la guerre de l’eau (perdue)


Alors, la guerre de l’eau, c’est quoi ? Déjà faut savoir que Cochabamba, c’est la troisième ville du pays avec plus d’un million d’habitants, ainsi que la capitale de son département. Ensuite, savoir aussi que ce n’était pas vraiment une guerre, même s’il y a eu des morts. La guerre de l’eau, c’est une occupation des rues, des avenues et des administrations de la préfecture de Cochabamba par les paysans du département (et donc de l’équivalent d’une région française) et par les habitants de la ville. Faut dire que suite à la privatisation de l’entreprise publique de gestion de l’eau en 1999 les prix avaient sacrément augmenté pour les rats de la ville, et l’eau manquait pour les rats des champs, et surtout pour les habitants de la zone sud du Cercado (municipalité de Cochabamba). Et comme tout le monde avait soif, tout le monde s’est énervé, à juste titre ! En ville, c’est surtout ceux de la zone sud qui se sont mis en colère. Faut dire que pour eux, plus qu’une question de prix, le problème vient de l’accès à l’eau.

Là bas, ce sont 250 000 personnes, sans compter les souris, qui cherchent de l’eau. Enfin, c’est exagéré, mais c’est pour faire simple. Pour faire un peu plus compliqué, il y a quatre possibilités pour accéder à l’eau dans la zone sud. Si on vit dans un district (un quartier) où il y a un comité de l’eau (association des voisins formée pour gérer l’accès à l’eau, il y en existe aujourd’hui 140), on file un coup de pattes pour creuser et entretenir un « puits collectif », et théoriquement, on a accès à de l’eau pour pas trop cher. Sinon, faut acheter l’eau aux camions citernes qui parcourent les quartiers pauvres. Là, c’est presque dix fois plus cher. Certains comités de l’eau aimeraient bien avoir un puits, mais ils ne trouvent pas d’eau, ils achètent donc de l’eau aux camions-citernes, mais « en gros », pour la distribuer ensuite aux habitants. Ca revient un peu moins cher. Troisième option, l’eau en bouteille. Solution hors de prix et donc pas imaginable. Mais bon, faut bien boire. Et comme les sodas gavés en cholestérol sont aux même prix, devinez ce qui charme le mieux les papilles des enfants ? Enfin, on peut ne pas utiliser d’eau tout court. Mais bon, à moins d’être un chameau (au fait, combien de bosses ?), c’est plus le contraire d’une possibilité qu’une possibilité et de toutes façons, dans ces cas là, on ne tient pas très longtemps. Comme on dit: « Sin agua, no hay vida » (sans eau, il n’y a pas de vie). Et alors, pas de solution possible avec l’entreprise publique ? Avant la privatisation, il n’y en avait pas, 4 des 6 districts de la zone sud n’étaient pasconnectés au réseau. Pour aujourd’hui, on va voir ça !

Parce que finalement les gens ont gagné la guerre, l’entreprise privée (consortium dirigé par l’états-unienne Bechtel) est partie et l’entreprise publique a récupéré la gestion de l’eau de la ville. Nous, on est là pour voir, neuf ans après, comment les choses ont évolué. La guerre de l’eau, c’est tout un symbole.

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Irkita